Le premier tour approche, et la pression monte ! Les candidats fatiguent un peu et, une fois de plus, une inégalité saute aux yeux : la disponibilité des “pros” et les traits tirés des candidats qui travaillent par ailleurs…
Quand je désigne les “pros”, je suis trop restrictif. Les français se plaignent depuis longtemps de la faible rotation des élus et de la faible représentativité de ces élus par rapport aux électeurs. Je n’aborderai pas la question des minorités visibles ou invisibles mais des professions. Se lancer en politique quand on est salarié est quasiment impossible ou ne peut durer que très peu de temps… alors on retrouve toujours les professions libérales et les fonctionnaires qui peuvent prendre des congés à ce titre sans aucun risque. On parle d’un statut de l’élu -indispensable- mais ne doit-on pas déjà essayer d’ouvrir les portes avec un statut du candidat ?
Si le salarié a réussi à être élu après un engagement de toutes les nuits et beaucoup de sacrifices comment va-t-il gérer sa situation d’élu ? Tous les madats ne demandent pas un plein temps ou ne permettent pas de vivre. Le conseiller d’arrondissement en est un exemple, comme le maire d’une petite commune. Comment gérer cette situation quand on est salarié ? En quittant son emploi ou en n’assumant pas son rôle d’élu.
Dernière difficulté, la fin de mandat … certains députés, mandat à plein temps si l’on est sérieux, se sont parfois retrouvés en grande difficulté pour retrouver un emploi. Je pense par exemple à des députés de droite issus de la grande vague bleue de 1993. Le fonctionnaire qui a pris une disponibilité est sûr de retrouver son emploi.
Alors comment s’étonner de la non mixité de notre représentation? Au MoDem, ce n’est pas notre vision de la démocratie. Nous ne voulons pas d’un spectable pour tous offert par quelques-uns, toujours les mêmes. Nous voulons décloisonner, chercher de la fraîcheur, ouvrir les portes aux courants d’air… à l’image de notre mouvement. Avec toutes les difficultés que cela comporte et que les yeux des habituels observateurs prennent pour de l’incohérence, tellement habitués qu’ils sont aux logiques de partis godillots.Nous, nous appelons ça la liberté !
Le rendez-vous est pris pour la semaine prochaine et le 2ème tour. Alors, comme j’ai éprouvé un immense intérêt à me jeter dans cette bataille, à rencontrer les habitants de cet arrondissement, à embrasser le quotidien, à rêver de l’avenir, je m’engage, en cas d’élection, à adapter ma vie professionnelle au mandat qui me sera confié. C’est un engagement réfléchi, pesé, écrit et risqué … avant l’avènement d’un vrai statut de l’élu.
Grégory Lanceplaine, n°2 de la liste du MoDem pour le 8ème arrondissement ET SALARIE


